••• Les légumes à semer en février •••

pour en profiter cet été

Le mois de février marque le début des semis pour de nombreux légumes, en particulier sous abri. C’est une période idéale pour anticiper les cultures du printemps et de l’été, notamment pour les plantes nécessitant une longue période de croissance. Selon les conditions climatiques et l’équipement disponible, certains légumes peuvent être semés en intérieur, sous serre ou directement en pleine terre dans les régions les plus douces.

Quand Semer ?

Avant de semer directement en pleine terre, il est essentiel d’évaluer si le sol et la température sont adaptés. Un sol trop froid ou trop humide ralentit la germination et peut provoquer la pourriture des graines. Une bonne méthode consiste à observer la structure du sol : il doit être meuble et ressuyer correctement après les précipitations hivernales. Un sol qui colle aux outils ou aux chaussures est encore trop humide et devra attendre avant d’être travaillé.

La température joue également un rôle clé. Chaque légume a une température minimale de germination : les radis, épinards et fèves peuvent germer dès 5°C, tandis que les carottes et pois nécessitent environ 8°C. Une astuce simple consiste à insérer un thermomètre dans le sol à 5 cm de profondeur pendant quelques jours pour vérifier la stabilité de la température. Si elle oscille autour des valeurs requises pour les semis envisagés, le sol est prêt. Enfin, protéger les cultures précoces avec un tunnel, un voile ou un paillage permet de sécuriser les jeunes plants face aux derniers refroidissements de l’hiver.

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Les Semis Sous Abri : Serre, Véranda ou Intérieur Chauffé

Lorsque les températures extérieures sont encore trop basses, le semis sous abri permet de démarrer plus tôt certaines cultures exigeantes en chaleur et en temps de croissance.

Les légumes du soleil à démarrer tôt

  • Tomates : Le semis précoce permet d’obtenir des plants robustes prêts à être repiqués en pleine terre au mois de mai, lorsque les gelées ne sont plus à craindre.
  • Poivrons et piments : Ces légumes nécessitent une période de germination longue et des températures élevées. Commencer leur semis en février sous abri chauffé assure une croissance optimale.
  • Aubergines : Comme les poivrons et piments, elles demandent de la chaleur pour bien se développer dès les premières semaines.

Les légumes-feuilles et aromatiques

  • Basilic : Il a besoin d’une température constante de 18 à 20°C pour bien germer. Une serre ou un intérieur bien chauffé est indispensable pour éviter une croissance ralentie.
  • Choux-fleurs précoces : Ils peuvent être semés dès février sous abri pour être repiqués au printemps.
  • Laitues et salades d’hiver : Certaines variétés comme la batavia, la laitue pommée ou la laitue à couper s’adaptent bien aux semis précoces sous serre froide ou tunnel.

Les légumes-racines et à longue croissance

  • Poireaux : Semés en février, ils seront prêts à être repiqués au printemps pour une récolte en été.
  • Céleri : La germination du céleri est particulièrement lente. Semé dès février sous abri, il aura le temps de se développer avant d’être installé en pleine terre après les dernières gelées.
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Les Semis en Pleine Terre : Conditions et Légumes Adaptés

En fonction du climat, certains légumes peuvent être semés directement en pleine terre, à condition de protéger les jeunes pousses en cas de gel avec un tunnel ou un voile de forçage.

Légumes à croissance rapide

  • Radis : Les variétés précoces se développent rapidement et peuvent être récoltées en quelques semaines.
  • Mâche et épinards : Ces légumes-feuilles apprécient les températures fraîches et offrent une récolte rapide dès le début du printemps.

Légumes à semer sous tunnel ou voile de protection

  • Carottes primeurs : Pour une levée rapide et homogène, il est préférable de couvrir le semis avec un voile de forçage afin de conserver la chaleur du sol.
  • Navets : Semés tôt, ils profitent des températures fraîches pour bien se développer.

Légumineuses et bulbes

  • Fèves et pois : Ces cultures rustiques supportent bien les températures basses et démarrent leur croissance dès la fin de l’hiver. Les variétés naines et à rames peuvent être choisies selon l’espace disponible au jardin.
  • Échalotes et oignons : Ils peuvent être semés directement en pleine terre ou plantés sous forme de bulbes pour une récolte estivale.
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L’importance de la Lumière pour les Semis Précoces

La lumière est un facteur déterminant pour la réussite des semis précoces, en particulier lorsqu’ils sont réalisés sous abri ou en intérieur. En hiver et au début du printemps, la durée d’ensoleillement est encore réduite et l’intensité lumineuse peut ne pas être suffisante pour assurer une croissance optimale des jeunes plants. Un manque de lumière entraîne un phénomène d’étiolement : les plantules s’allongent de manière excessive, développant des tiges fines et fragiles qui peinent à supporter leur propre poids. Ce problème est particulièrement fréquent pour les tomates, poivrons et aubergines, qui ont besoin d’un bon éclairement dès les premières semaines pour former des plants robustes.

Pour éviter ce déséquilibre, il est recommandé de placer les semis près d’une source de lumière naturelle, idéalement une fenêtre exposée plein sud. Cependant, même dans ces conditions, l’éclairage peut s’avérer insuffisant, surtout si le ciel est souvent couvert. Dans ce cas, l’utilisation d’un éclairage artificiel est une solution efficace pour compenser le déficit lumineux. Les lampes horticoles LED ou fluorescentes sont particulièrement adaptées, car elles diffusent un spectre lumineux proche de celui du soleil et favorisent une croissance homogène. L’idéal est de fournir aux jeunes plants entre 12 et 16 heures de lumière par jour pour simuler des journées printanières et éviter qu’ils ne s’étiolent.

Un autre aspect essentiel est la gestion de la distance entre la source lumineuse et les semis. Une lampe placée trop loin sera inefficace, tandis qu’une exposition trop proche risque d’assécher le substrat ou de provoquer un stress thermique. En général, une distance de 10 à 20 cm est conseillée, à ajuster selon la puissance de l’éclairage. Il est aussi recommandé de faire tourner les plants régulièrement ou d’installer une lumière diffusée uniformément pour éviter qu’ils ne poussent en direction d’une seule source lumineuse, ce qui entraînerait une croissance déséquilibrée.

Enfin, la lumière joue également un rôle clé dans la photosynthèse, essentielle pour le développement des feuilles et des racines. Une exposition adéquate permet aux jeunes plants d’accumuler les réserves d’énergie nécessaires à leur future transplantation en pleine terre. Une plante bien éclairée développera des feuilles plus épaisses, une tige plus robuste et un système racinaire plus dense, garantissant une meilleure reprise après repiquage. Négliger cet aspect revient à compromettre le succès des cultures à venir. Pour des semis précoces réussis, il est donc essentiel d’assurer une luminosité suffisante, que ce soit par un bon positionnement naturel ou par l’appoint d’un éclairage artificiel bien maîtrisé.

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La Préparation du Substrat pour les Semis

Un substrat bien préparé est une condition essentielle pour assurer la germination et la croissance des jeunes plants. Contrairement à la terre du jardin, souvent trop compacte ou chargée en pathogènes, un terreau adapté aux semis doit offrir une texture légère, une bonne aération et un drainage efficace. L’objectif est de permettre aux racines fragiles de se développer sans contrainte et d’éviter les excès d’humidité, principaux responsables de maladies comme la fonte des semis.

Le choix du substrat repose sur plusieurs critères. Un bon terreau pour semis est généralement composé d’un mélange équilibré de tourbe, de perlite ou de vermiculite, et parfois de sable fin. La tourbe, bien que controversée sur le plan écologique, est souvent utilisée pour sa capacité à retenir l’eau tout en restant aérée. La perlite et la vermiculite, quant à elles, améliorent la structure du substrat en le rendant plus léger et en facilitant le drainage. Pour une alternative plus écologique, il est possible d’utiliser du compost bien mûr, tamisé finement, associé à de la fibre de coco, qui remplace avantageusement la tourbe tout en conservant une bonne rétention d’eau et une aération optimale.

Avant de semer, il est recommandé d’humidifier légèrement le substrat afin qu’il absorbe l’eau uniformément et évite le lessivage des graines lors des premiers arrosages. Un substrat trop sec dès le départ peut retarder la germination, tandis qu’un excès d’eau favorise le développement de champignons nuisibles. Il est également conseillé d’effectuer un léger tassement du terreau dans les godets ou les plaques de semis afin d’éviter les poches d’air qui pourraient perturber la levée des graines. Cependant, il ne faut pas trop compacter le substrat, sous peine de gêner la pénétration des jeunes racines.

Pour limiter les risques de maladies, certains jardiniers préfèrent stériliser leur substrat avant utilisation, notamment en le chauffant au four à basse température (environ 80°C pendant 30 minutes) afin d’éliminer les spores de champignons et les éventuels parasites. Cette précaution peut être particulièrement utile lorsque l’on réutilise du substrat d’une année sur l’autre.

Enfin, une bonne préparation du substrat ne se limite pas à son choix et à son installation. Il est important de surveiller son évolution au fil des semaines, en veillant à maintenir une humidité constante sans excès et en évitant la formation d’une croûte en surface qui pourrait empêcher la levée des graines. Une fine couche de vermiculite ou de sable peut être ajoutée sur le dessus pour favoriser la conservation de l’humidité et éviter l’apparition de mousses ou d’algues. Une fois ces précautions prises, le substrat offrira aux semis un environnement stable et propice à leur développement, garantissant une croissance vigoureuse avant le repiquage en pleine terre.

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L’Arrosage des Semis : Comment Bien Doser ?

L’arrosage est un élément clé pour la réussite des semis, mais il doit être maîtrisé avec précision. Trop d’eau favorise le développement de maladies fongiques, dont la redoutable fonte des semis, qui fait dépérir les jeunes pousses en quelques jours. À l’inverse, un manque d’humidité ralentit la germination et affaiblit les plantules, les rendant plus sensibles au stress hydrique et aux variations de température. L’objectif est donc de maintenir un équilibre optimal, en adaptant la fréquence et la quantité d’eau aux besoins des graines et aux conditions de culture.

L’un des premiers réflexes à adopter est d’humidifier le substrat avant de semer. Un terreau trop sec absorbera difficilement l’eau lors des premiers arrosages, tandis qu’un excès d’humidité avant même la germination peut asphyxier les graines. Il est préférable d’arroser en pluie fine pour ne pas déplacer les graines ni provoquer de tassement du substrat, ce qui pourrait empêcher la levée. Une vaporisation douce avec un pulvérisateur est souvent plus adaptée aux graines fines et délicates, tandis qu’un arrosage léger à l’aide d’un arrosoir à pomme fine conviendra aux semis en plaques ou en godets.

La fréquence d’arrosage dépend du type de culture, du substrat utilisé et de la température ambiante. En général, les semis ont besoin d’un sol maintenu humide mais jamais détrempé. Un arrosage quotidien peut être nécessaire en période de germination, mais toujours en petite quantité. Pour éviter l’excès d’eau stagnante, il est conseillé d’utiliser des contenants percés permettant un bon drainage. Dans le cas d’un semis en terrine ou en plaque alvéolée, l’arrosage par capillarité est une technique efficace : en plaçant le contenant dans une soucoupe d’eau, le substrat absorbe l’humidité nécessaire par le bas, ce qui limite les risques de pourriture au niveau du collet des jeunes plants.

L’environnement de culture joue également un rôle dans la gestion de l’arrosage. Sous serre ou sous abri chauffé, l’évaporation est plus rapide, nécessitant des contrôles plus fréquents de l’humidité du substrat. À l’inverse, en extérieur ou sous tunnel froid, le sol conserve plus facilement son humidité, et un arrosage trop fréquent pourrait provoquer un excès d’eau nuisible aux racines. Une bonne pratique consiste à toucher la surface du substrat : s’il est encore humide au toucher, il est inutile d’arroser immédiatement. L’observation des jeunes plants est aussi un indicateur précieux : des feuilles qui commencent à se recroqueviller ou à s’affaisser peuvent indiquer un besoin en eau, tandis qu’un feuillage jauni ou mou peut être le signe d’un excès d’arrosage.

Enfin, la qualité de l’eau utilisée peut influencer la croissance des semis. Une eau trop calcaire peut modifier le pH du substrat et nuire à certaines plantes sensibles, tandis qu’une eau trop froide peut ralentir la germination et créer un choc thermique. Idéalement, l’eau d’arrosage doit être à température ambiante et, si possible, reposée quelques heures pour permettre au chlore de s’évaporer. L’utilisation d’une eau de pluie filtrée est une alternative intéressante, à condition qu’elle ne contienne pas de particules fines susceptibles d’obstruer les jeunes racines.

Un arrosage bien dosé est donc un équilibre entre l’humidité nécessaire à la croissance des semis et la prévention des maladies liées à l’excès d’eau. En adoptant les bons gestes et en ajustant la fréquence et la méthode d’arrosage en fonction des conditions de culture, il est possible d’obtenir des jeunes plants vigoureux et en pleine santé, prêts à être repiqués dans de bonnes conditions.

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La Protection des Jeunes Plants contre les Maladies et Nuisibles

Les jeunes plants issus de semis sont particulièrement vulnérables aux maladies et aux attaques de nuisibles. Leur fragilité, combinée aux conditions souvent humides et confinées des cultures sous abri, crée un environnement propice au développement de pathogènes et à l’apparition de parasites. Une vigilance constante et des mesures préventives sont essentielles pour éviter les pertes et assurer une croissance saine avant le repiquage en pleine terre.

L’une des principales menaces pour les jeunes semis est la fonte des semis, une maladie fongique causée par divers champignons du sol (Pythium, Rhizoctonia, Fusarium). Elle se manifeste par le flétrissement rapide des jeunes pousses, souvent au niveau du collet, qui devient brun et s’affaisse. Ce problème est généralement lié à un excès d’humidité, une mauvaise aération ou un substrat contaminé. Pour limiter les risques, il est recommandé d’utiliser un terreau spécifique pour semis, bien drainant et exempt de pathogènes. Arroser avec modération, de préférence avec un pulvérisateur ou par capillarité, permet d’éviter l’humidité stagnante. Une bonne aération de l’espace de culture, notamment en ouvrant les serres ou en espaçant les plants, réduit également la prolifération des champignons. En prévention, il est possible d’ajouter une fine couche de charbon de bois ou de sable sur le substrat pour limiter l’humidité excessive autour des tiges.

Outre les maladies cryptogamiques, les jeunes plants peuvent être attaqués par les limaces et escargots, notamment en extérieur ou sous tunnel. Ces mollusques raffolent des jeunes pousses tendres et peuvent ravager une plantation en une seule nuit. Pour s’en prémunir, plusieurs méthodes existent : installer des barrières naturelles (copeaux de bois, cendres, coquilles d’œufs broyées) autour des semis, utiliser des pièges à bière ou placer des planches sous lesquelles ils se réfugieront durant la journée, facilitant leur collecte manuelle. Dans les cas les plus critiques, des granulés anti-limaces à base de phosphate de fer, inoffensifs pour les autres animaux, peuvent être utilisés avec parcimonie.

D’autres ravageurs, comme les pucerons ou les mouches blanches, peuvent s’attaquer aux jeunes plants en intérieur ou sous serre. Ces insectes se nourrissent de la sève des feuilles, ralentissant la croissance et affaiblissant les plants. Une solution naturelle consiste à pulvériser une décoction de savon noir ou de purin d’ortie, répulsifs efficaces contre ces parasites. Encourager la présence d’auxiliaires comme les coccinelles ou les chrysopes permet également de maintenir ces populations sous contrôle.

Une autre menace fréquente vient des damping-off, ou maladies d’étiolement, souvent causées par un manque de lumière et un excès d’humidité. Les jeunes pousses deviennent alors fines, s’allongent de manière excessive et finissent par s’effondrer. Pour éviter ce phénomène, il est crucial d’assurer un bon éclairement (naturel ou artificiel), de limiter l’arrosage et d’éviter une densité trop importante de semis.

Enfin, un point souvent négligé est l’acclimatation des jeunes plants avant leur mise en pleine terre. Un passage trop brutal d’un environnement protégé à l’extérieur peut fragiliser les plants et les rendre plus vulnérables aux maladies et nuisibles. Une semaine avant le repiquage, il est recommandé de les habituer progressivement aux conditions extérieures en les sortant quelques heures par jour, en augmentant progressivement l’exposition au vent et aux écarts de température.

En combinant ces différentes précautions—choix d’un substrat sain, contrôle de l’humidité, lutte préventive contre les nuisibles et acclimatation progressive—il est possible de réduire significativement les pertes et d’assurer un bon départ aux jeunes plants. Une attention rigoureuse dès les premiers stades de croissance garantit des plants plus résistants et productifs une fois en pleine terre.

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